L'Association des Familles de Meudon

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Votre relation peut-elle survivre à la vie commune pendant la pandémie ?

11 avril

#COVID19 – #RESTEZCHEZVOUS

Antoine et Chantal d’Audiffret, de l’association « un avenir à deux »,qui devaient animer la conférence du 23 avril, nous proposent 11 idées pour communiquer en famille et en couple, recommandées par des thérapeutes.

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N’avez-vous pas remarqué récemment que votre partenaire mâchouille bruyamment ?

Qu’il met, les choses dans le frigidaire d’une façon illogique? Qu’il consomme vraiment beaucoup de papier toilette ou de savon ? Qu’il grignote beaucoup ? Que s’occuper des enfants n’est pas un de ses atouts majeurs?

C’est le cas de bien des couples durant la pandémie.

Le coronavirus nous oblige à passer presque tout notre temps très proches avec le même être humain adulte. Il nous faut trouver de nouvelles façons de travailler, vivre, être parents et s’entendre mutuellement. Ce qui est réjouissant c’est que les couples ont plein d’opportunités et de temps ensemble pour réfléchir aux questions qu’ils avaient pu éviter jusque là. Ce qui ennuyeux c’est qu’ils devront plus ou moins aborder ces questions sensibles – et sous pression.

« L’anxiété est omniprésente et les gens peuvent projeter un peu de cette anxiété sur les autres » dit Julie Scwartz Gottman, qui a fondé avec son mari John l’Institut Gottman de Conseil Conjugal et a écrit plusieurs livres largement diffusés. « Ce qui fait que les relations sont peut-être une peu vacillantes et désagréables, avec peut-être de la tension et n’ayant pas les moyens de traiter le stress ensemble, ils peuvent s’engager dans une spirale descendante. »

De fait, lorsque le nombre de cas de COVID 19 a diminué en Chine et que les gens ont été autorisés à sortir, on nous a parlé d’une hausse des demandes de divorce. Même maintenant, il semble que les violences domestiques augmentent. Et, le 18 mars la britannique MP Baroness Fiona Shackleton spécialiste du droit de la famille a averti le Parlement qu’il pourrait y avoir des débuts de désintégration familiale durant la crise.

Le stress d’avoir les enfants à la maison – avec des responsabilités scolaires – et la tension financière causée par la perte soudaine de certains revenus pour la famille peut pousser les couples au bord du précipice.
Ajoutez à cela la peur qu’un des membres de la famille tombe malade, les désagréments de l’isolation sociale et l’incertitude sur la durée cette nouvelle routine étrange. On peut écrire d-i-v-o-r-c-e avec les lettres c-o-v-i-d.

Même les couples qui allaient très bien avant le coronavirus et qui iront bien après cette période, auront probablement besoin d’aide les prochains mois. Comment survivre à ces circonstances sans précédents ?
La revue TIME a posé la question à trois couples de thérapeutes de couple mariés qui à la fois travaillent et vivent ensemble : « Comment vivre ensemble quand on n’est jamais séparé ? »

VOICI 11 CONSEILS DE NOS EXPERTS

1. Cessez les critiques

Ce n’est pas le moment de faire remarquer les erreurs. Ce n’est presque jamais le moment de faire remarquer les erreurs, mais c’est odieux en pleine crise. Tout spécialement quand c’est au sujet de l’argent, dit Ashley Willis, un coach de couples et de familles qui a publié le podcast « Naked Marriage » avec son mari Dave. « C’est si facile de pointer un doigt accusateur en disant ‘Je t’avais dit que tu n’aurais pas dû prendre ce travail’. »

Au contraire c’est le temps des appréciations. « C’est vraiment important de regarder ce que le partenaire fait bien et d’exprimer sa reconnaissance pour cela, » dit Julie Gottman, qui ajoute que cela peut parfois être subtil. « Merci pour avoir fait le café, même si c’est la centième fois. » Helen LaKelly Hunt, qui avec son mari Harville Hendrix a créé la méthode Imago de thérapie de couple et a écrit La vie de couple, dix clefs pour mieux vivre à deux aux Éditions Imago recommande de dire à votre époux(se) trois choses que vous avez appréciées de lui avant de vous endormir le soir. Même si vous n’y arrivez pas, faire la liste des manquements de l’autre n’est qu’une stratégie de bas étage. « Si vous voulez rester proches, vous ne pouvez être critiques, » dit Harville.

2. Soyez plus curieux que furieux

Avec toutes les nouvelles responsabilités apportées par le coronavirus, vous pouvez ressentir que votre conjoint n’en fait pas assez ou a commis une acte de trahison personnelle, mais plus probablement il se peut qu’il soit juste distrait, qu’il ait faim ou ait des motivations invisibles pour vous. « En période de stress on fait preuve de compétences relationnelle, ou on en manque, » dit Helen. «Le Stress déclenche aussi des souvenirs du passé, et nous avons tendance à réagir au présent comme nous l’avons fait dans le passé.» Dans tous les cas, juste poser une question à votre partenaire et écouter vraiment la réponse avant de déclencher une dispute peut avoir un effet positif, en nous donnant un temps de pause pour mettre en œuvre nos fonctions cognitives plus intelligentes. « Parler est la chose la plus dangereuse que font les gens, particulièrement quand ils sont stressés, » dit Harville, «et écouter est la chose la plus inhabituelle que font les gens, particulièrement quand ils sont stressés.»

3. Laissez-le vous parler de ses ressentis (bons ou mauvais) à propos de la crise actuelle

Les époux ne voient pas nécessairement du même œil comment les choses pourraient aller mal. Cela ne signifie pas qu’ils se trompent. Quand vous n’êtes pas d’accord avec l’approche de votre partenaire sur la pandémie, faîtes de votre mieux pour comprendre ce qu’il pense réellement au lieu de le rejeter. « Il vit l’information sur le virus d’une façon différente » dit Julie Gottman. « Avoir de l’empathie, va signifier que vous aller faire de votre mieux pour deviner et nommer cette émotion que votre partenaire exprime. » Les Gottman et beaucoup d’autres thérapeutes, prônent l’écoute active – c’est à dire, entendre ce qu’une personne dit et essayer de lui redire avec vos propres mots. Si vous n’y arrivez dîtes juste « Tu sembles vraiment énervé ou tu sembles stressé, » dit Julie. Les Hunt-Hendrix appellent cela « la conversation en sécurité.» Helen dit, «Il faut que ce soit dans les deux sens.»

4. Prendre du temps pour soi, ou le négocier

Si possible, mettez des créneaux de temps seul dans l’agencement de la journée, même si ce n’est qu’une demi heure. Vous pouvez faire un deal avec votre partenaire pour qu’il s’occupe des enfants pour un moment ou pour qu’il partage les tâches ménagères. « C’est difficile de trouver de la solitude » dit Ashley Willis. « Je dois être mon propre avocat. J’ai besoin de temps. » Trouvez du temps pour être seul un moment dans la journée, dans la mesure du possible. Et s’échapper en regardant les écrans côte à côte ne compte pas. Il ne faut pas vous vous voir ni vous entendre.

5. Faîtes comme vos ancêtres

L’intimité, comme les Willis en parlent gentiment, est aussi la clef. Être trop ensemble plus le stress peuvent avoir un effet regrettable sur la sexualité des partenaires qui vivent ensemble. Mais être ensemble peut aussi être un remède contre le stress ou regarder à deux un film peut être une coupure agréable. «Vous avez toujours besoin d’intimité,» dit Dave Willis. «Si les pionniers en trouvaient quand ils vivaient dans une seule chambre, vous pouvez le faire aussi.»

6. Planifiez vos journées, mais avec souplesse

John Gottman a eu dans son enfance de l’asthme et une pneumonie, aussi il ne quitte pas la maison familiale d’Orcas Island, à Washington, tant qu’il reste une menace de coronavirus. Julie fait toutes les courses. Ils recommandent de faire un planning tous les Dimanche matin et d’y inscrire les contraintes de chacun et de construire sur cette base. Ashley and Dave Willis ont quatre garçons entre 5 et 15 ans, qui suivent actuellement l’école à la maison au Texas. « Faire l’école à la maison, c’st vraiment très dur » dit Ashley. « Cela rajoute un niveau d’intensité totalement nouveau. » Elle a été professeur, aussi elle est en charge de l’éducation, mais elle fait appel à Dave pour récupérer des choses dont il ne s’occupait auparavant. « Il faut faire le tri » dit Dave. « Quel est le travail qui requiert mon attention en ce moment ? Nous faisons tous des travaux que nous ne faisions pas normalement. » On peut donner aux enfants un peu plus âgés plus de responsabilités ; même les très jeunes vont se montrer à la hauteur.

7. Prenez un rendez-vous pour vos disputes

Si une querelle apparemment insignifiante soudainement échappe à tout contrôle, les Gottman recommandent d’y surseoir au moins une demi-heure, mais pas plus de 24 heures. « Un des deux demande un temps d’arrêt et propose un rendez-vous pour y revenir et continuer la conversation, » dit Julie. Puis ils vont chacun de leur côté et font quelque chose qui les calme – « tout ce qui peut faire tomber le sentiment d’avoir été attaqué, nous appelons cela l’envahissement. » Au moment du rendez-vous ils reprennent la discussion. Selon les «conseils pour le conflit » des Gottman, les époux ne peuvent travailler à résoudre les choses que seulement après avoir écouté le point de vue de l’autre, de façon à ce que chacun soit satisfait. « 90 % de la résolution provient de la compréhension du point de vue de votre partenaire. » dit John. Les Gottamn ont l’intention de rendre disponibles leurs exercices sur une application bientôt.

8. Disputez-vous ailleurs

Vos enfants ne veulent pas vous voir vous disputer. Les Willis vont faire un tour en voiture ou marcher, en donnant à leurs enfants une liste de choses à photographier pour les occuper. « Nos meilleures conversations sont lorsque nous marchons » dit Ashley. « Parfois en marchant les gens vont s’ouvrir plus parce qu’ils sont côte à côte. » Les Gottman ont l’habitude de s’assoir sur le sol de la salle de bain pour que les enfants ne les entendent pas échanger leurs arguments.

9. Respectez les frontières maintenant invisibles

Même si pour le moment il ou elle ne semble pas occupé(e), votre partenaire n’est pas juste un tableau vide qui attend que vous inscriviez vos pensées et besoins. « Avant de parler à Helen, je regarde ce qu’elle fait, et je me dis que vais la déranger, » dit Harville. « C’est une intrusion. » Il suggère de demander d’abord si c’est le bon moment. « Elle peut dire, ‘ Et bien, en réalité, tout de suite ce n’est pas le bon moment mais je pourrais être disponible dans 10 minutes ‘ Ainsi elle établit une limite qui marche bien. » Si vous êtes l’un avec l’autre toute la journée, ne pas faire intrusion dans les pensées et les moments de l’autre devient de plus en plus important.

10. Demandez ce que vous voulez, vraiment

Votre partenaire est sans doute une personne merveilleuse mais quasiment nulle pour lire dans les esprits. Il vous faut expliquer vos besoins, et il vous faut être précis. « J’aimerais si tu pouvais t’occuper du dîner tous les deux jours » est mille fois préférable à « Il faut que tu aides plus à la maison, » pour beaucoup de raisons, Simplement « Peux-tu me masser le côté gauche de mon dos ?» est bien préférable à « Pourrais-tu m’aider à me sentir mieux ? » Helen remarque que c’est plus facile à dire qu’à faire. « Nous avons travaillé avec beaucoup de couples et quand vous leur demandez ce qu’ils veulent, ils ne savent pas, » dit-elle. « Les hommes ne savent pas ce qu’ils veulent ; on les a élevés en leur apprenant à supprimer leurs ressentis. Et les femmes sont si habituées à prendre soin de tout le monde, qu’elles ne savent pas non plus ce qu’elles veulent. Mais si vous ne demandez pas ce que vous voulez, vous ne l’obtiendrez pas. » Il y a tant de choses, et la situation change si rapidement que personne ne remarque ce dont chacun a besoin ou ce qu’il désire. Aussi demandez, mais demandez gentiment.

11. Si rien ne marche, essayez la comédie

Être capable de rire de la situation ou de vous-même (pas de votre partenaire) est un remède contre le stress.

 

Si vous avez des conseils, des pistes et des histoires envoyez-les à mtoncouple@gmail.com
Chantal et Antoine d’Audiffret

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Date :
11 avril
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